Panaris

Le panaris, très fréquent, est une infection de tout ou partie d’un doigt.

Le traitement est toujours chirurgical lorsqu’il est collecté (présence de pu). Il consiste en l’excision des tissus infectés.

Le plus souvent, il s’agit d’une lésion d’irritation autour du pourtour de l’ongle négligée qui s’infecte. En cas d’inflammation simple, la lésion peut régresser spontanément. En cas d’infection vraie, une collection purulente se forme, le panaris collecté est dit « mûr » et la douleur est alors caractéristique. L’importance est de prendre en charge le patient précocement avant le stade compliqué.

DESCRIPTION

Le patient consulte pour une tuméfaction rouge et douloureuse autour de l’ongle. La douleur est le maître symptôme. Elle est lancinante, pulsatile et réveille la nuit. Il peut exister une collection purulente. A ce stade, aucun traitement médical par antibiotique ne doit être prescrit et seul un traitement chirurgical pour excision doit être recommandé.

EXAMEN

L’examen doit s’efforcer de rechercher une complication par atteinte de l’os (ostéite), de l’articulation (arthrite) ou de la gaine des fléchisseurs des doigts qui aboutit au phlegmon (infection de la gaine des fléchisseurs des doigts) qui est une véritable urgence chirurgicale.

Il peut exister une inflammation des vaisseaux de l’avant-bras (lymphangite), des ganglions axillaires. La fièvre est un signe de complication. Il faut rechercher un facteur favorisant (diabète, déficit immunitaire,…).

TRAITEMENT

Le traitement antibiotique de première intention est dangereux. Il risque d’avorter l’évolution du panaris et de masquer l’apparition des complications. Si le panaris n’est pas « mûr » (collecté), il faut surveiller l’évolution et réaliser un traitement médical avec des pansements alcoolisés (Bétadine® ou l’Héxomédine® incolore…)

Au stade collecté, le traitement est l’excision du panaris. L’intervention consiste à exciser tous les tissus infectés au bloc opératoire. Un prélèvement bactériologique peropératoire permet d’identifier le germe. Il s’agit le plus souvent d’un staphylocoque doré ou d’un streptocoque. Une perte de substance tissulaire est laissée en cicatrisation dirigée.

Dans les suites postopératoires, un traitement antibiotique est prescrit uniquement chez les patients à risques d’infection (diabétique, immunodéprimé, récidive de panaris). Il n’est pas systématique, sauf en cas de panaris compliqué. Un contrôle de l’état vaccinal antitétanique est essentiel.

EVOLUTION

La douleur diminue presque instantanément. Le pansement doit être refait tous les jours. Cette perte de substance au niveau de la pulpe cicatrisera spontanément, sous réserve de soins quotidiens en un délai de trois semaines environ.

Une reprise des activités manuelles peut se faire le plus souvent vers la 3ème semaine. Chez une personne travaillant dans l’alimentation, l’arrêt de travail doit être obligatoirement prolongé jusqu’à cicatrisation complète.

QUELS SONT LES RISQUES SPÉCIFIQUES?

Les panaris non ou mal traités évoluent vers la dissémination de l’infection à l’os, l’articulation, les tendons ou la matrice de l’ongle, donnant une ostéite, une arthrite, une nécrose cutanée, voire une « fonte purulente » de la pulpe du doigt avec des séquelles majeures. Ces complications peuvent aboutir à une amputation partielle du doigt.