La rupture du biceps au coude

Quels sont les signes cliniques ?

Il s’agit en général d’un homme d’environ 50 ans, le plus souvent travailleur de force ou pratiquant une activité sportive de force utilisant la flexion du coude contre-résistance. La rupture peut avoir été précédé d’épisodes douloureux mais c’est loin d’être le cas le plus fréquent.

Le patient a ressenti lors du port d’une charge lourde une douleur brutale, souvent accompagnée d’une sensation de claquage en  » coup de fouet « .

A l’examen il se présente avec le coude fléchi, mais ne signale pas de déficit de flexion. On peut observer un aspect en boule distal (boule de « Popeye ») mais c’est la comparaison avec l’autre coté qui peut parfois faire évoquer le diagnostic, la portion charnue du biceps ayant un aspect plus court du coté lésé. Enfin un hématome peut être présent dans le pli du coude ou plus rarement sur l’avant-bras en regard de la tubérosité bicipitale.

La palpation du pli du coude entraîne des douleurs et il faut se méfier de la sensation d’un tendon présent car celui-ci peut rester dans sa loge et donner une fausse impression d’être intact. La mise en tension du tendon par des manoeuvres de flexion extension accompagnées de prono-supination entraîne aussi des douleurs.

En palpant le tiers proximal de l’avant bras en regard de la tubérosité, on peux aussi retrouver une sensibilité.

Par contre il ne faut pas s’attendre à un déficit de flexion, les muscle de l’avant bras et le brachial antérieur permettant de l’obtenir, néanmoins sans force.

Quels sont les examens complémentaires utiles ?

La radiographie du coude est le plus souvent normale

L’échographie ou l’IRM, si l’examen est disponible, fera le diagnostic. Elles doivent être réalisées par un radiologue entraîné car il existe comme pour le tendon d’Achille de nombreux faux positifs ou des diagnostics erronés de rupture partielle.

Quel est le traitement ?

Le traitement fonctionnel consiste à immobiliser son coude dans un écharpe quelque jours à visée antalgique avant de débuter la rééducation. Le tendon rompu va cicatriser sur les structures anatomiques voisines. Le résultat est variable sur le plan fonctionnel. On observe souvent une perte significative de la force musculaire. On réserve ce traitement aux personnes âgées où a faible besoin fonctionnel.

 

Le traitement chirurgical est indiqué chez les travailleurs de force, donc le plus souvent car c’est sur ce terrain que survient la lésion.

La réparation peut être réalisée sous anesthésie loco-régionale.

La chirurgie consiste à réaliser une incision face antérieure de l’avant-bras et de ré-attacher le tendon sur la tubérosité bicipitale par des points trans-osseux ou des ancres.

Quels sont les risques spécifiques ?

Ils sont en général excellents et rapides, la récupération de l’extension ne posant pas de difficultés.

Les complications nerveuses sont possibles (5%).