Disjonction acromio-claviculaire

C’est une lésion traumatique fréquente de l’épaule secondaire à un traumatisme directe sur le moignon de l’épaule (chute). Il existe un double système ligamentaire au niveau de cette articulation. Les ligaments acromio claviculaire entre acromion et clavicule et les ligaments coraco claviculaires entre la coracoïde et la clavicule.

C’est la gravité des lésions ligamentaires qui conditionne le traitement. C’est par l’examen clinique de votre épaule et à l’aide d’une radiographie (incidence acromio claviculaire unilatérale ou bilatérale comparative) que votre médecin ou votre chirurgien détermine la gravité des lésions ligamentaires

Dans les cas de rupture isolée des ligaments acromio claviculaires, on parle de disjonction stade 1 ou 2 et le traitement est orthopédique associant immobilisation de 8 à 15 jours et traitement antalgique et anti inflammatoire. La reprise sportive est possible après 1 mois environ.

Dans les cas de rupture des ligaments acromio et coraco claviculaires, on parle de disjonction stade 3, 4 ou 5. Le traitement peut être orthopédique ou chirurgical en fonction du déplacement.

Le traitement chirurgical nécessite une hospitalisation ambulatoire. L’objectif de l’intervention est de fixer la clavicule dans sa bonne position pour permettre la cicatrisation des ligaments rompus. L’immobilisation post opératoire est de 4 semaines avant de débuter la rééducation. La reprise des sports est possible après 3 mois minimum.

Délai de prise en charge :

Disjonction acromio-claviculaire aigüe :

Une disjonction acromio-claviculaire récente nécessitant une prise en charge chirurgicale doit être réalisée dans 15 premiers jours du déplacement pour espérer faire cicatriser les ligaments entre la clavicule et la coracoïde.

Car passer ce délai le risque d’échec de la chirurgie est important.

Disjonction acromio-claviculaire chronique:

Passé ce délai de 15 jours après le traumatisme il n’y a plus d’urgence de prise en charge chirurgicale.

Les disjonctions acromio-claviculaires aiguës négligées sont souvent responsables d’une gêne chronique. Seront chirurgicales les luxations qui resterons gênantes 4 mois après le traumatisme.

Les techniques chirurgicales :

Disjonction acromio-claviculaire aigüe :

De nos jours, le traitement des disjonctions acromio-claviculaires aiguës peut être réalisé de façon mini-invasive sous arthroscopie. Par rapport à la chirurgie classique, le traitement arthroscopique présente de multiples avantages : préservation musculaire, incision cutanée réduite, douleurs postopératoires diminuées, récupération fonctionnelle plus rapide, risque infectieux diminué et ablation du matériel non systématique. De plus, le traitement arthroscopique permet le diagnostic et le traitement concomitants d’éventuelles lésions associées, présentes dans environ 30 % des cas (lésions SLAP, ruptures de coiffe).

La plupart des techniques récentes consiste à rétablir le cintre acromio-claviculaire de face et de profil permettant la restitution de la congruence articulaire acromio-claviculaire et de la distance coraco-claviculaire anatomique afin de permettre la cicatrisation des ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires.

Nous utilisons, depuis plusieurs années, une technique de réduction et de fixation de la clavicule par un système de double bouton mini-invasif relié par un système de fil tracteur.

Disjonction acromio-claviculaire chronique:

Le traitement chirurgical au stade chronique est moins codifié et donne de moins bons résultats qu’au stade aigu.

En effet, une simple réduction et stabilisation sera un échec car les ligaments n’ont plus au-delà de 3- 4 semaines de potentiel de cicatrisation.

Le transfert du ligament coraco-acromial. C’est un ligament tendu entre la coracoïde et l’acromion qui peut être décroché de l’acromion pour être fixé sur la clavicule. C’est une technique utilisée dans les disjonctions acromio claviculaires anciennes ou lorsque la prise en charge est tardive. Ce transfert est souvent protégé par un embrochage temporaire ou par une ligamentoplastie coraco-claviculaire synthétique ou naturelle.

Quelles sont les complications de ces interventions ?

Elles sont rares mais on peut citer principalement le dé bricolage du montage chirurgical (la récidive de la disjonction), l’algodystrophie et la capsulite rétractile de l’épaule, des douleurs et/ou une raideur résiduelle et une infection du site opératoire.

Faut il opérer les disjonctions stade 3 ?

On peut dans certain cas proposer un traitement chirurgical dans les disjonctions acromio claviculaire stade 3. C’est le cas des patients jeunes, sportifs, atteint sur leur membre dominant.